DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> Blog de Jonathan SIDGWICK: Vingt ans après Tchernobyl, l'Ukraine se souvient

Blog de Jonathan SIDGWICK

mercredi 26 avril 2006

Vingt ans après Tchernobyl, l'Ukraine se souvient


A la lumière des cierges, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Salvoutitch jusqu'au monument édifié à la mémoire des victimes de la catastrophe de Tchernobyl.

A 01h23 (22h23 GMT), heure à laquelle le réacteur numéro 4 de la centrale ukrainienne a explosé il y a exactement 20 ans, la ville édifiée pour abriter les sinistrés s'est figée dans une minute de silence ponctuée par les sirènes d'alarme et le tocsin.
L'ancienne république soviétique a décrété ce 26 avril journée nationale de deuil et du souvenir en hommage aux victimes de la catastrophe.

Dans le courant de la journée, le président Viktor Iouchtchenko doit rendre hommage aux "liquidateurs" qui se sont sacrifiés dans la lutte contre l'incendie ou qui ont succombé par la suite aux conséquences de l'énorme dose de radiations à laquelle ils ont été exposés.

Il se rendra ainsi dans la zone d'exclusion d'un rayon de 30 km autour de la centrale où il ne reste plus que quelques habitants âgés qui ont obstinément refusé de déménager. Aujourd'hui, des arbres poussent à l'intérieur de certains immeubles HLM.

"Les cérémonies de ce jour ne veulent malheureusement pas dire que nous pouvons dire au-revoir à Tchernobyl", a déclaré le président du parlement ukrainien, Volodimir Litvine, lors d'une séance extraordinaire de la chambre.
L'explosion de la centrale, située à 80 km au nord de Kiev, avait dégagé un nuage radioactif qui s'étendit, non seulement sur l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie, mais sur une bonne partie de l'Europe.

Les autorités soviétiques n'ont informé le monde et leur propre population que deux jours après, alors que débutait une vaste opération d'urgence, qui culmina avec la construction d'un gigantesque sarcophage pour isoler le réacteur.
Vingt-ans après, aucun bilan fiable n'a encore été dressé.
BILAN TOUJOURS INCERTAIN
L'Organisation mondiale de la santé parle d'un bond de la mortalité de l'ordre de 9.000 décès, tandis que l'ONG de défense de l'environnement Greenpeace évalue à 93.000 le nombre de morts qui devra à terme être imputé à la catastrophe.
Les évacuations se chiffrent en centaines de milliers et les Nations unies estiment à sept millions le nombre de personnes toujours exposées à une radioactivité excessive.

A l'approche de ce 20e anniversaire, Iouchtchenko a souhaité l'organisation d'une conférence des donateurs pour financer la construction d'un nouveau sarcophage, celui de 1986 présentant des fuites. L'Ukraine, qui consacre 10% de son budget aux opérations de nettoyage et de décontamination, ne peut assumer seule un investissement évalué entre 800 millions et 1,4 milliard de dollars.

Les célébrations ont en outre donné lieu à une nouvelle réflexion sur les mesures de sécurité et de nombreuses personnalités se sont prononcées pour une approche commune.

Mohamed ElBaradeï, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a ainsi lancé un appel à la coopération, "au moment où nous assistons à un développement de l'énergie nucléaire pour répondre à la demande croissante d'énergie dans de nombreuses régions du monde."
Le président américain George Bush a quant à lui rendu hommage "à ceux qui ont perdu la vie et aux communautés meurtries", et a réaffirmé "l'engagement des Etats-Unis en faveur des initiatives en cours pour améliorer la sécurité de Tchernobyl par le confinement de son réacteur".

"Ceux qui ont travaillé ici n'ont pas pensé à eux, ils ont compris que la catastrophe devait être enrayée, quel que soit le prix", a souligné son homologue russe, Vladimir Poutine, qui a décoré mardi à Moscou plusieurs liquidateurs.

La centrale, dont l'activité a été interrompue en 2000 sous la pression internationale, renferme toujours 200 tonnes de combustible.