DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> Blog de Jonathan SIDGWICK: Un modèle économique de service public qui complique l'accès aux données

Blog de Jonathan SIDGWICK

jeudi 7 décembre 2006

Un modèle économique de service public qui complique l'accès aux données

Y. M..
Publié le 21 novembre 2006, le Figaro

La commercialisation par l'IGN des données publiques qu'il produit va à l'encontre d'un projet de directive européenne.

L'AVENIR de la directive européenne Inspire, qui vise à donner aux citoyens un accès facile aux données géographiques publiques, notamment celles liées à l'environnement, sur Internet en facilitant leur interopérabilité, se joue aujourd'hui. Un comité de conciliation devrait décider ce soir, soit d'entériner le projet de la Commission européenne soutenue par le Parlement de Strasbourg, soit au contraire de l'enterrer une fois pour toutes.

Le projet porte sur les trois modes possibles d'accès aux données : consultation, visualisation et téléchargement. Il s'attaque aussi à la question de la gratuité des données spatiales publiques qui reste problématique en Europe. Le projet de directive a été initié au départ pour faciliter l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques de l'environnement, mais il est très vite apparu que son enjeu était beaucoup plus large (énergie, transports, agriculture). En effet, l'information géographique joue aujourd'hui un rôle clé dans l'activité économique et l'aménagement du territoire.

Nombre de ceux qui, en France, suivent ce dossier - entrepreneurs privés, administrations ou organismes producteurs de données publiques - dénoncent en privé le fait que la délégation française soit « noyautée » par l'Institut géographique national et Météo France. En effet, ces deux organismes sont représentatifs d'un modèle économique qui tourne à l'envers même du projet de directive européenne. L'IGN est un établissement public à caractère administratif (Epa). Il est financé en partie par l'argent du contribuable pour produire des données publiques mais, pour équilibrer son budget, il est amené à commercialiser ces données, à des prix jugés parfois exorbitants par les collectivités locales, les administrations et les entreprises privées du secteur de l'information géographique. « La France a une position aberrante et peu productive dans les instances européennes sur cette question », déplorent la plupart des observateurs.

En décembre dernier, un rapport de l'Inspection générale des finances et de l'Inspection générale de l'administration, consacré au Référentiel à grande échelle (RGE) produit par l'IGN, s'était montré très critique sur la gestion de l'établissement. Les inspecteurs avaient pointé « l'impossibilité de déterminer une marge nette pour chaque produit vendu », « des principes de tarification conduisant à des prix trop élevés » ainsi qu'« une séparation comptable encore insuffisante » entre les activités de service public de l'institut et ses activités commerciales. Ils concluaient en soulignant qu'à leurs yeux « ni l'État, ni l'IGN n'ont encore pris la pleine mesure de la révolution en cours en matière d'information géographique nu­mérique, c'est-à-dire des souplesses qu'elle permet, mais aussi des bases communes à tous qu'elle exige ». Les deux inspections rejoignaient d'ailleurs sur plusieurs points les avertissements du rapport Lengagne daté de 1999.

Contrat d'objectif signé en 2007
La situation de l'IGN semble donc pour l'instant bloquée. Avec un budget annuel de 122 millions d'euros, l'établissement doit gérer un effectif de 1 780 personnes que beaucoup jugent pléthorique et qui est directement hérité de l'époque révolue des cartes papier. C'est pour ne pas s'attaquer de front à cette question que le ministère de l'Équipement continue de soutenir la politique de l'établissement, qui est pourtant régulièrement critiquée, expliquent les acteurs de l'information géographique, qu'ils soient institutionnels ou privés. Rien n'a encore transpiré du nouveau contrat d'objectif de l'IGN qui devrait être signé en janvier prochain.

« L'IGN a loupé le virage du numérique. Il faut aujourd'hui accepter de ne pas avoir le monopole et faire du service à valeur ajoutée », constate un spécialiste du domaine. La démarche du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) qui gère le Géocatalogue est citée en exemple. « Les règles du jeu entre le public (gratuit) et le privé (payant) doivent être claires et débattues en toute transparence », explique son président Philippe Vesseron.

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